Le directeur médical de Nova Saúde, le Dr Armindo Matheus, explique pourquoi la résistance masculine aux soins préventifs reste un défi et donne des conseils sur le moment et la manière de maintenir une routine d’examens.
Chaque année, le cancer de la prostate touche plus de 70 000 Brésiliens, selon les estimations de l’Institut National du Cancer (INCA), et demeure le type de cancer le plus fréquent chez les hommes du pays, juste après le cancer de la peau non mélanome. Bien que le diagnostic précoce offre jusqu’à 90 % de chances de guérison, de nombreux cas sont encore détectés tardivement.
L’une des raisons est le manque de suivi médical régulier. Les données du Ministère de la Santé montrent que 31 % des hommes ne consultent pas de médecin depuis plus de deux ans, et 70 % ne cherchent de l’aide que lorsqu’ils présentent des symptômes.
Pour le Dr Armindo Matheus, directeur médical de Nova Saúde, opérateur de santé présent dans cinq États brésiliens, c’est une conséquence directe des facteurs culturels et de la faible valorisation de la prévention.
« L’homme, en général, consulte le médecin lorsqu’il ressent de la douleur ou perçoit qu’il y a quelque chose qui ne va pas. L’habitude des soins préventifs fait défaut, alors que c’est précisément ce qui sauve des vies. Le résultat est que de nombreuses maladies sont découvertes tardivement, à des stades plus complexes », explique le spécialiste.
L’importance de la prévention et du bilan annuel
Selon le Dr Armindo, l’attention à la santé masculine doit commencer avant 40 ans, surtout pour ceux qui ont des antécédents familiaux de maladies telles que l’hypertension, le diabète ou le cancer. À partir de 35 ans, il est déjà recommandé de réaliser un bilan annuel, avec des examens simples qui aident à identifier les facteurs de risque et à suivre l’évolution de la santé.
« Un bilan de base comprend une évaluation cardiologique, des analyses de sang pour mesurer le cholestérol, la glycémie et la fonction rénale et hépatique, ainsi que le contrôle de la tension artérielle. À partir de 45 ans, ou dès 40 ans en cas d’antécédents familiaux, s’ajoute le dépistage de la prostate, avec le PSA et l’examen clinique », détaille le médecin.
Malgré les chiffres, le sujet reste entouré de tabous.
« Il existe une résistance historique à l’examen clinique, mais il reste une méthode importante, complémentaire au PSA. Il est rapide, indolore et peut faire la différence entre la guérison et un diagnostic tardif », insiste le Dr Armindo.
Signes d’alerte à surveiller
Le spécialiste explique que le corps envoie souvent des signaux et qu’apprendre à les reconnaître est essentiel. Parmi les principaux symptômes d’alerte figurent :
- Difficulté à uriner ou jet urinaire faible,
- Augmentation de la fréquence urinaire, surtout la nuit,
- Présence de sang dans l’urine ou le sperme,
- Douleur dans la région pelvienne ou les os,
- Fatigue et perte de poids inexpliquée.
« Ces signes apparaissent souvent de manière discrète, mais indiquent qu’il faut enquêter. L’idéal est de ne pas attendre que l’inconfort s’aggrave pour chercher de l’aide », conseille le médecin.
Changement de comportement et santé globale
Le Dr Armindo souligne que, au-delà des aspects culturels, le mode de vie influence directement la santé masculine. La sédentarité, la mauvaise alimentation, la consommation d’alcool et le tabagisme restent parmi les principaux facteurs de risque.
Selon la Société Brésilienne de Cardiologie (SBC), les maladies cardiovasculaires demeurent la principale cause de mortalité chez les hommes dans le pays, représentant environ 30 % des décès.
« La prévention ne se limite pas au cabinet médical. Prendre soin de son alimentation, pratiquer régulièrement une activité physique, bien dormir et gérer le stress sont des attitudes qui font la différence. La santé est un processus continu, et non un événement ponctuel », affirme-t-il.
Le médecin rappelle également l’importance de prendre en compte l’aspect émotionnel comme partie intégrante des soins.
« Les hommes ont du mal à parler de leurs émotions, et cela peut aussi les rendre malades. Le stress et l’anxiété peuvent aggraver les maladies chroniques. La santé mentale et physique vont de pair », souligne-t-il.
Un nouveau regard sur les soins masculins
Avec plus de 35 ans d’expérience, le Dr Armindo estime que le plus grand progrès du Novembre Bleu est de favoriser le dialogue.
« Le Novembre Bleu nous rappelle quelque chose d’essentiel : se soucier de sa santé est un acte de responsabilité, pas de faiblesse. Consulter un médecin n’est pas un signe de vulnérabilité, mais d’intelligence et d’amour-propre », résume-t-il.
Avec plus de trois décennies d’expérience, le Dr Armindo dirige la direction médicale de Nova Saúde, où il pilote un modèle basé sur les soins primaires, la prévention et le suivi continu. Il croit que l’avenir de la santé passe par l’éducation et la construction de liens entre médecins et patients.
« Notre rôle, en tant que médecins, est d’éduquer pour le soin. L’idéal est que l’homme n’attende pas l’apparition des symptômes. Prendre soin de soi, c’est mieux vivre et plus longtemps, et c’est le message que nous voulons renforcer chaque jour », conclut-il.





