Conscience de la paix sur le tapis rouge

L’Ambassadrice de la Paix Guila Clara Kessous et la colombe de la paix sur le tapis rouge du Festival de Cannes. Crédits: Photographe Jean Christophe Genton / Robe #Artwhos

Article pour InStyle Magazine
Interview par Ada Iliopoulou
https://www.instyle.gr/tag/guila-clara-kessous/

Soudain, sur le velours cramoisi du tapis rouge de Cannes — où les flashs crépitent devant des tenues haute couture et où le monde retient son souffle devant la beauté du cinéma — une colombe s’envole…
Pas n’importe quelle colombe, mais l’éternel symbole de la paix, planant au-dessus des têtes étonnées des starlettes et des magnats.
Interrompant le défilé de paillettes pour une révolution silencieuse.
Elle attire tous les regards vers ce qui devrait être la seule vraie tendance du moment : un appel à la paix mondiale.
Un appel non chuchoté, mais éclatant — intrépide.

Au milieu des cris pour mettre fin à la guerre,
Au milieu du vacarme des provocations venant des quatre coins du globe,
Se tenait une femme, vêtue non de luxe, mais de sens —
Guila Clara Kessous, Ambassadrice de la Paix,
Son message, tel une cri d’alarme était le suivant :
Unissons-nous pour une prise de conscience commune.

Alors qu’elle foulait ce chemin mythique, sa signification s’approfondissait à chaque pas.
Car ce même tapis, jadis simple scène de spectacle, fut témoin d’un moment historique :
L’acteur Theo Navarro-Mussy fut interdit de projection pour le film Dossier 137, à la suite d’allégations d’agression sexuelle —
La première interdiction de ce type à Cannes.
Un geste non d’exclusion, mais de responsabilité.
Et soudain, le tapis n’était plus rouge pour des raisons de tendances ou de glamour  — il rougissait de vérité,
Et murmurait : La paix pour le monde. Stop à la violence. Retrouvons le respect de la dignité humaine.

Beaucoup demanderont : « Pourquoi une Ambassadrice de la Paix marcherait-elle parmi les célébrités ? »
Mais ce qu’ils ignorent, c’est que Guila Clara Kessous est elle-même une artiste
Une femme qui croit que l’art n’est pas qu’expression, mais transformation.
Comédienne formée et praticienne du théâtre, elle utilise la scène non pour les applaudissements, mais pour la guérison.
Par l’art-thérapie — et en particulier le pouvoir transformateur du théâtre
Elle travaille avec des survivants de la guerre, de la violence, de l’oppression,
Aidant les victimes de stress post-traumatique — en particulier les femmes et les enfants —
À retrouver leur voix, à ré-imaginer leur histoire, et à sortir du silence.
Elle amène la résilience de l’art là où vit le traumatisme,
Et par l’alchimie de la performance, elle ouvre un espace sacré
Où la douleur n’est plus cachée, mais honorée — puis libérée.

Bien que son visage orne les couvertures des magazines les plus prestigieux,
Bien qu’elle soit habillée par Valentino et Cartier au nom de la paix,
Bien qu’elle marche aux côtés de premières dames et des ministres,
Elle reste liée non au statut, mais au service.
Chaque distinction qu’elle reçoit n’est qu’un rappel de son vœu :
Éveiller les cœurs et les esprits avec une sagesse qui ne vient pas du pouvoir,
Mais de la compassion.
Rencontrons-la — non avec des applaudissements, mais avec une intention.
Ouvrons nos cœurs,
Et voyons non seulement une femme, mais un miroir —
Reflétant un monde possible.
Un monde où la paix n’est pas une aspiration, mais une respiration partagée.
En nous. Parmi nous. Pour nous tous.

L’Ambassadrice de la Paix Guila Clara Kessous et la colombe de la paix sur le tapis rouge du Festival de Cannes. Crédits: Photographe Jean Christophe Genton / Robe #Artwhos

IS : Cette année, la colombe de la paix a survolé le tapis rouge du Festival de Cannes — grâce à vous. Parlez-nous de cette initiative.

GCK : Je voulais lancer un cri puissant pour la paix cette année. Une façon de dire haut et fort : Stop à la violence.
Chaque année, je dirige le Forum International Femina Vox pour la Journée des droits des femmes. Je dirige aussi le Forum International de la Journée Mondiale de l’Art à l’UNESCO, où nous explorons comment l’art peut soulager les souffrances du monde.
En 2025, nous avons franchi un seuil insoutenable de brutalité : des bébés de six mois violés, des enfants pris en otage, des filles privées d’éducation, des vies brûlées, perdues, détruites. Assez.
Au milieu de cette obscurité, la colombe sur le tapis rouge symbolisait la tendresse, le calme, la sérénité — un rappel doux de notre humanité partagée.
Mon objectif était de créer un moment collectif d’émerveillement par ce que j’appelle «Heartificial intelligence »
Pas l’IA — intelligence artificielle — qui accélère notre pensée,
Mais l’HI (Heartificial Intelligence) : l’intelligence qui vient du cœur.

L’Ambassadrice de la Paix Guila Clara Kessous et la colombe de la paix sur le tapis rouge du Festival de Cannes. Crédits: Photographe Jean Christophe Genton / Robe #Artwhos

IS : Comment vous est venue l’idée d’impliquer le tapis rouge?

GCK : Le tapis rouge de Cannes est iconique. Ce n’est pas juste un escalier — c’est un symbole de rêve, de glamour, de beauté.
En le gravissant, on suit les pas de Brigitte Bardot, Audrey Hepburn, Meryl Streep.
Je voulais que cet endroit devienne l’épicentre de la paix, ne serait-ce qu’un instant.
Le cinéma est une industrie de rêve, oui — mais aussi porteuse de valeurs de paix.
Ceux qui foulent ce tapis sont admirés, photographiés, suivis par des millions de fans.
Il est temps que cette visibilité porte aussi une responsabilité morale :
Partager plus que leur image, partager des messages de non-violence.
Le Festival de Cannes ne doit pas seulement célébrer l’esthétique — il doit devenir une plateforme d’éthique.

IS : Vous utilisez le spectacle et la visibilité pour servir l’humanité. D’où vient cette idée ?

GCK : Ironiquement, je ne suis pas célèbre — je ne suis même pas sur les réseaux sociaux !
Mais la notoriété et le spectacle sont puissants dans notre société d’image.
C’est pourquoi j’ai choisi Cannes pour relâcher ce symbole de paix.
L’influence culturelle de ce lieu est immense.
Si nous voulons vraiment transformer nos façons de vivre ensemble,
Nous devons créer des moments poétiques, émotionnels, partagés par tous.

Lors de la Journée Mondiale de l’Art que j’ai dirigé à l’UNESCO, par exemple, j’invite des artistes de renommée mondiale — comme JR ou Lang Lang
Mais aussi des artivistes : artistes œuvrant auprès de communautés touchées par la guerre.
Les artistes célèbres attirent le public. Mais une fois les gens là, ils rencontrent aussi ceux qui agissent en silence pour l’humanité.

L’Ambassadrice de la Paix Guila Clara Kessous se prépare au tapis rouge du Festival de Cannes. Crédits: L’Oréal @isabelagaby / L’ Oreal Make Up Artist @lorealparis #LOrealParisFamily / @margaux_marseglia – Mise en beauté @estheclinic_france / Treatments @nanotouche by VK NANO / Team support: @caese_ceaedd / Dress: @georgeshobeika @maisonlouboutique / Collier: @foryou.diamond, boucles d’oreilles @apmmonaco

IS : Vous êtes Ambassadrice de la Paix. Que signifie la paix pour vous en ces temps incertains ?

GCL : La paix est une notion complexe et personnelle.
Pour une victime de violence, elle signifie sécurité. Pour un prisonnier, liberté.
Pour moi, la paix est la force intérieure et la dignité qui nous permet de nous respecter et de respecter les autres.
En tant qu’Ambassadrice, je travaille avec des communautés traumatisées, souvent à travers l’art-thérapie.
Il est frappant de constater à quel point on parle peu de la paix. On parle surtout de gestion des conflits.
La paix est perçue comme passive, fade, voire ennuyeuse — comme on ignore la santé quand on se sent bien.
Mais la vraie paix n’est pas passive. C’est une force vivante.
Ce n’est pas l’absence de tension — c’est l’effort de vivre en harmonie.
La paix demande de la patience, de l’empathie, et surtout de l’amour.

IS : Vous travaillez avec des artistes de renom pour soutenir votre vision humanitaire. Dites-nous en plus.

GCK : Je pense que la notoriété doit servir de levier de conscience, surtout chez les jeunes.
Je collabore avec des artistes partageant cette intention.
Dernièrement, j’ai chanté avec China Moses, fille de la légendaire Dee Dee Bridgewater, une chanson intitulée « Être là-bas »,
En l’honneur des 10 ans de la Déclaration Universelle des Droits de l’Humanité à l’ONU à Genève.
Ce moment de grâce fut soutenu par Rolling Stone Magazine France, avec qui nous avons créé un partenariat puissant. Et d’autres projets sont encore à venir…

Guila Clara Kessous, Ambassadrice de la Paix vêtue d’une longue robe couture sur les marches du tapis rouge du Festival de Cannes.  Crédits: Photographe: Jean Christophe Genton / Robe: @georgeshobeika
@maisonlouboutique / Collier: @foryou.diamond, boucles d’oreilles @apmmonaco / Mise en beauté: @estheclinic_france / Treatments @nanotouche by VK NANO / Maquillage: @lorealparis #LOrealParisFamily, @margaux_marseglia / Team Support: @caese_ceaedd

IS : Vous avez reçu de nombreux honneurs à Cannes. Le 16 mai, vous avez reçu une médaille à Nice. Racontez-nous.

GCK : Cette date est la Journée Internationale du Vivre Ensemble, instaurée par Son Excellence le Cheikh Khaled Bentounes et adoptée par 193 pays à l’ONU.
Son ONG, AISA, a formé plus de 15 millions de jeunes à la paix.
Cette année, à la Villa Masséna de Nice, j’ai reçu une médaille pour mon engagement, remise par le Maire et Son Excellence le Cheikh Bentounes. Un moment d’émotion, de gratitude, et d’espoir.

Guila Clara Kessous, Ambassadrice de la Paix reçoit le prix de Son Excellence le Cheikh Bentounes qui l’a honorée pour son engagement en faveur de l’éducation à la paix à l’occasion de la Journée Internationale du Vivre Ensemble. Le Maire de Nice lui remettra une médaille spéciale pour l’occasion à la Villa Massena. Photographie avec la courtoisie de @matdiouf

IS : Vous avez aussi marqué l’ouverture de la Villa Brazil, partenaire officiel du Festival.

GCK : La Villa Brazil, perchée à Vallauris, est un lieu d’exception mêlant sérénité et énergie.
J’y ai été nommée Ambassadrice, aux côtés d’artistes brillants, sous la direction de Erwan Kadic.
Cette Villa a un esprit nomade : elle voyagera pour faire rayonner la culture brésilienne — prochain arrêt : Marrakech, Maroc.

IS : Le 19 mai, vous avez reçu le Trophée « Luminary Award » de Herflix à la Villa Forbes.

GCK : Herflix est la seule plateforme premium dédiée aux voix des femmes qu’elles soient productrice, réalisatrices ou actrices de cinéma.
Je milite pour les droits des femmes depuis des années, notamment avec les Accords Internationaux des Femmes en Diplomatie.
En 2023, j’ai lancé les Accords Sarah et Hajar, pendant féminin des Accords d’Abraham, réunissant des femmes du Bahreïn, du Maroc, d’Israël et des Émirats pour la diplomatie de paix.
Après le 7 octobre, j’ai aussi lancé les Accords Africains pour les Femmes en Diplomatie.
Recevoir ce prix fut profondément significatif : j’espère qu’il permettra une plus grande inclusion des femmes dans les négociations de paix.

Quelle est votre vision pour l’avenir de l’humanité ?

Je vis selon le principe d’ « optimalisme », du « Professeur de bonheur de Harvard Université » : Tal Ben-Shahar.
Contrairement à l’optimisme naïf, l’optimalisme regarde la réalité en face, mais choisit malgré tout l’espoir.
Oui, le monde souffre. Parfois, moi aussi j’évite de regarder les nouvelles à la télévision.
Mais je sais que nous sommes chacun une pièce du puzzle de la paix.
Ensemble, ce puzzle peut former quelque chose de magnifique —
Comme cette colombe qui a survolé Cannes cette année,
Nous rappelant que la paix est encore à portée de main.

Une dernière citation qui vous définit ?

Une vérité percutante du philosophe Jean-Pierre Dupuy :
« Le malheur des hommes, c’est qu’ils ne croient pas ce qu’ils savent. »
Nous savons ce qui est bon : faire de l’exercice, être modérés, compatissants.
Et pourtant, nous ne le faisons pas.
Il est temps d’aligner notre savoir et nos actions.
Non pour un profit quelconque, mais parce que vivre ensemble apaisés est ce qui conditionne notre humanité.

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